CONFÉRENCE 2024 DE L’IVSA

VENUE: UNIVERSIDAD VERACRUZANA, XALAPA, MEXIQU.
DATES: 6-29 JUIN 2024

RESPONSABILITÉ VISUELLE : MONTRER ET NON PAS DIRE

Nous sommes heureux.ses d’annoncer les détails de la conférence annuelle de l’IVSA pour 2024. Pour l’heure, il s’agit avant tout de vous préciser quand et où la conférence aura lieu pour que vous puissiez commencer à planifier votre participation. Quelques informations quant au thème de la conférence et au calendrier de l’évènement sont également publiés ci-dessous, afin de vous aider dans la préparation de vos propositions de communication (l’appel est ouvert depuis novembre alors, si vous n’avez encore rien soumis, à vos claviers !).

La conférence 2024 de l’IVSA est dédiée à l’exploration du concept de « responsabilité visuelle » ou aux pratiques de régulation et de contrôle induites par les images. Déjà avant la Covid-19 et s’accélérant durant la pandémie, nous avons été témoins d’un basculement dans l’usage des images numériques, ces dernières étant de plus en plus importantes dans la construction, le maintien et la transformation des méthodes par lesquelles l’on juge quelque chose comme étant vrai. Quelles images sont considérées comme valides, autorisées et acceptées comme vraies ? Comment ces images deviennent convaincantes, sont autorisées et deviennent utilisables ?

La responsabilité visuelle sera-t-elle à l’avenir utilisée de la même manière que la responsabilité individuelle est utilisée par les gouvernements, les organisations internationales et les entreprises pour gouverner et dominer les populations vulnérables (voir Neu 2006) ? Comment les plus faibles peuvent-ils répondre et résister à ces usages ? Il est pertinent de se demander comment la circulation des images en ligne contribue aux infrastructures numériques et influence la manière dont certaines vérités prennent forme dans le quotidien. Ces manières de voir, qui sont élaborées en ligne pour ensuite circuler hors des espaces sociaux numériques, forcent la sociologie visuelle à élaborer de nouvelles façons de dialoguer entre pairs, à ramener les compréhensions sociologiques du quotidien à un niveau micro, ainsi qu’à connecter la pratique sociologique à des préoccupations d’intérêt public.

Le sociologue Pierre Bourdieu (1990) a avancé que le pouvoir de la photographie est extrinsèque à la photographie elle-même et gagne en valeur en circulant au sein d’un système de valeurs. Lorsque ces images deviennent itinérantes, de concert avec les applications qui en permettent la création et la diffusion, elles contribuent à ce que Hjorth et Pink qualifient de « lubrifiant social » (2014). En 2021, une femme âgée de 22 ans nommée Gabby Petito fût portée disparue aux Etats-Unis, alors que son petit ami était en fuite. Des utilisateurs de Twitter et TikTok commencèrent à partager des informations pour reconstituer les activités de Petito, se basant sur les photographies qu’elle avait publié sur Instagram au moment de sa disparition. Un utilisateur nota que ses cheveux avaient des racines foncées sur une image alors que ces racines semblaient avoir été fraîchement déteintes en blond sur une autre ; d’autres utilisateurs examinèrent les images pour faire une triangulation des dates et démontrèrent qu’il s’agissait d’une erreur d’interprétation. Lavrence et Cambre (2020) utilisent la notion de « regard médico-légal numérique » pour décrire les façons de voir qui mobilisent des techniques véridiques en observant des images sur internet, tel que l’on peut l’observer lorsque des personnes et groupes se mobilisent en ligne. Dans ces situations, les images numériques sont considérées comme douteuses à moins d’être prouvées fiables.

Poster

A contre-courant de ces pratiques, les institutions et entreprises utilisent les images du quotidien comme preuves et demandent à leurs employés (entre autres) de « prouver » leurs allégations avec des photographies. Par exemple, en juin 2022, l’entreprise FedEx a annoncé aux Etats-Unis qu’elle inaugurerait une « preuve photo de livraison » en lieu de signature : les clients suivant leur colis recevraient une photographie leur montrant sa localisation. Mais qu’advient-il de ce système si le colis est déplacé depuis la prise de la photographie, ou si la photographie a été modifiée ? Qu’y a-t-il en jeu dans la normalisation graduelle de ces pratiques ? L’obligation de « montrer » et non pas « dire » se répand de plus en plus dans la sphère professionnelle, alors que ces pratiques institutionnelles d’exiger des photographies d’employés et d’autres membres de la société gagnent progressivement en légitimité. Quelles sont les conséquences de ces nouvelles pratiques pour la sociologie visuelle ? Quelles formes de savoir sont requises pour faire sens de ces régimes oculaires émergeants ? Comment les individus mobilisent-ils les images comme témoignages et recourent-ils aux pratiques visuelles pour revendiquer leurs prétentions à la vérité ?

Co-organisatrices de la conférence : Dr. Carolina Cambre et Dr. Elizabeth Ocampo.

LES SOUMISSIONS SONT OUVERTES

DATE LIMITE Prolongée : 9 février 2024

L’Association Internationale de Sociologie Visuelle invite ses membres à soumettre des propositions de communication pour sa 41e rencontre annuelle. Les propositions correspondant au thème de la conférence sont bienvenues, à l’instar de propositions qui adresseraient d’autres problématiques relatives aux méthodes ou aux théories visuelles – et plus largement à l’analyse visuelle des sociétés, cultures et relations sociales.
Les propositions peuvent, entre autres sujets possibles, porter sur :

  • Les images comme vecteurs de légitimation
  • Vérité, post-vérité et vérification
  • Méthodes visuelles et responsabilité
  • Théorie visuelle et représentation numérique
  • Perception publique et « hyper trucages »
  • Activisme, engagement et pratiques situées
  • Visibilité, invisibilité et images modifiées
  • « Socialités » numériques et performances
  • Surveillance et sousveillance
  • Voir et être vu (réseaux sociaux)
  • Intelligence artificielle
  • ● Les photographies comme « preuves » dans le quotidien (travail et social)
  • Jeu vidéo, interaction sociale et vision artificielle
  • Re/présentation, sauver/perdre la face
  • Foules numériques : publics sociologiques
  • Hyper-surveillance au 21e siècle
  • Systèmes d’accréditation sociale fondés sur la surveillance
  • Ethique visuelle, collaboration, et le regard du/de la chercheur.se
  • Cadrer le regard numérique

Les propositions sont à envoyer via Easychair. Vous aurez pour cela besoin de créer un compte gratuit Easychair et de vous connecter. Veuillez inclure le format de votre contribution dans les mots-clés : communication / workshop / exposition.

Propositions via

CALENDRIER

Circulation de l’appel à propositions : 20 novembre 2023
Date limite pour soumettre une proposition de présentation : Prolongée 9 février 2024
Notification aux participant.e.s : 20 février 2024
Inscription anticipée : 31 mars 2024
Publication du programme préliminaire : 15 avril 2024
Date limite d’inscription : 20 avril 2024
Date des sessions de conférence : 26-29 juin 2024
Activités d’après conférence : à préciser

QUESTIONS

Si vous avez une question ou un commentaire, vous pouvez contacter l’équipe d’organisation de la conférence.

contacter l’équipe conférence

#Visualsociology

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